da Henri Michaux

6 dicembre 2004
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Commencements

traduzione di Massimo Sannelli

*
Chez la fillette, les fleurs plutôt viennent prendre la place, pas en grand nombre, souvent même une seule, haute sur une tige sans accident, corolle à quatre pétales, et tellement grande ouverte, cette corolle, bien en vue, heureuse de se montrer…

Nella bambina i fiori
avranno il grido: molti
no, uno solo, alto
sopra uno stelo intatto;
la corolla con quattro
petali; la corona
dilatata e visibile,
felice di apparire;
e paziente e tranquilla.

*
Sous l’apathie générale s’était cachée une mobilisation ponctuelle, maintenue et développée en silence, l’aidant à passer sa longue nuit. Savoir-faire isolé, insuffisant mais lorsque les autres s’en aperçoivent, un étendard quand même, son étendard là, relevé.

Nell’apatia del mondo si nasconde-
va una mobilitazione precisa,
mantenuta e sviluppata in silenzio:
l’ausilio per trascorrere la notte;
abilità isolata; sufficiente
no; ma quando se ne accorge la gente
è sempre uno stendardo, il suo stendardo
là sollevato.

*
Un oeil jeune aime recevoir la sensation à son sommet. Semblablement on aspire aussi à percevoir le plus de cris perçants possible pour les délices de son ouïe toute fraîche, laquelle au contraire de celle des plus âgés n’en est pas éprouvée.

L’occhio giovane ama
ricevere allo spasimo
la sensazione. E aspira
a percepire anche
le grida acute, molte,
delizia del suo udito
fresco; non assomiglia
a quello degli adulti:
il suono non lo segna.

(immagine: H. Michaux, Disegni alla mescalina, 1956)

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